imageqobuz.com
Il bourdonne des lampadaires
Vives lignes droites incendiaires
Sur le trottoir d’en face
Nuées de lumières que touchent
Des pluies diluviennes de mouches
Ne laissant aucunes traces
Les murs grattent leurs racines
A l’hanche rugueuse du bitume
Tandis que peu à peu décline
La lucidité que la nuit enfume
D’un brouillard à peine esquissé
Par les maisons déjà empesées
De cette blanche crinoline
Je fume un cigare
Qui par hasard
M’est tombé dans la bouche
Dans les atmosphères louches
Des bistrots débordés
Qui ne parviennent pas
Embrumés de fracas
A fermer la paupière minuit passé
C’est âme damnée
Qui tient mon bras
Damnée pour qui ? Damnée pour quoi ?
Je ne sais pas
Je vais avec elle dans le froid
Cherchant chaleur à son sein grenat
Elle qui commence à parler si fort
Attirant l’attention des rats du dehors
Nous dormirons ensemble
Battant le sang battant l’amble
C’est promis
A elle sa part du lit
A moi l’illumination de la poésie.